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Culture et Conduite

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La taille en Gobelet est encore très présente dans les vieilles vignes, pour les cépages dont le port est érigé tel que le Carignan, le Mourvèdre, voire le Grenache. Ce mode de taille traditionnel de la région permet d’obtenir une bonne surface foliaire exposée à la lumière pour les cépages qui s’y prêtent

 

 

 

 

 

 

Les autres parcelles sont palissées, de manière à maintenir la végétation dressée et permettre ainsi une bonne exposition aux rayons du soleil et une aération de la végétation. Les palissages sont soit neufs soit refaits afin d’être suffisament hauts et fournir une surface foliaire optimale à la vigne.Mourvèdre en pleine végétation

 

Le mode de taille utilisé est, soit le cordon bilatéral,
Syrah en cordon b

 

 

 

Illustration Vidéo par Dominique Boudet: cliquer ici

 

 


soit une taille maison entre un gobelet étalé et éventail pour les vignes récentes. Cette taille nous permet d'allier une aération et un espacement des grappes idéal avec les avantages du gobelet en terme d'évolution dans le temps par rapport au cordon.

Mourvèdre en éventail

 

Illustration Vidéo par Dominqie Boudet: cliquer ici

 

 

 

LE MODE DE CULTURE 

L’entretien des sols est traditionnel. Les vignes sont labourées de manière à limiter le développement des herbes, essentiellement au printemps pour limiter la concurrence vis à vis de la vigne. Cela permet aussi d’aérer la terre pour y maintenir une bonne activité biologique et conserver des sols vivants. Le maintien d’un peu d’herbe après les vendanges et pendant l'hiver permettra aussi d’y participer tout en améliorant leurs capacités de drainage. Sous les rangs, le sol est entretenu mécaniquement avec un intercep. La finition est ensuite réalisée à la pioche.

Griffes

JP à la pioche

 

 

 

 

 

 

 

Ces sols sont entretenus par des apports de matière organique, guidés par des analyses de terre.

Au printemps et en été les travaux en vert sont très importants, épamprage au cœur du pied, palissage très soigné, effeuillage et éclaircissage si nécessaire. Ce travail long (et couteux en main d'oeuvre) permet de préserver un bon état sanitaire mais aussi d'assurer une bien meilleure maturation grace à une parfaite aération de la végétation. Cela constitue une prophylaxie importante afin de se préserver des différentes maladies cryptogamiques, de façon la plus naturelle qui soit, et ainsi de limiter au maximum le nombre de traitements nécessaires. Le meilleur et le plus écologique des traitements est celui que l'on ne fait pas.

Ebourgeonnage par Marie et MichelEffuillage par Inès

Eclaircissage par Coralie
Concernant la lutte contre les maladies et ravageurs, elle n’est dictée que par l’observation et les informations climatiques, de manière à limiter les traitements au strict nécessaire (2 à 3 en moyenne) et ,en général, uniquement contre l'oïdium, contre le mildiou. Cela permet aussi de réduire la consommation de carburant pour un bilan carbone meilleur et un moindre tassement des sols.
Par ailleurs, le choix des produits est conditionné par une volonté de respect des équilibres biologiques de la vigne, du sol et de son environnement. C'est une lutte respectueuse de l'environnement hors de tout dogme mais avec rigueur et honnêteté intellectuelle. Depuis 2015, cette démarche nous a permis d'obtenir la certification HAUTE VALEUR ENVIRONNEMENTALE (HVE).

La HVE est un dispositif national issu de la loi Grenelle 2 de l’environnement dont les premiers textes officiels sont parus en juin 2011 au Journal Officiel. Il porte sur quatre domaines environnementaux: biodiversité, stratégie phytosanitaire, gestion de la fertilisation, gestion de la ressource en eau. Pour en savoir plus, voir en bas de page.


Illustration vidéo de Dominque Boudet: cliquer ici


NOTE SUR LE RESPECT DE L'ENVIRONNEMENT (en réponse à ceux qui nous demandent pourquoi nous n'avons pas le label "bio")

L’écologie, le respect de l’environnement et de ses équilibres (vie des sols, faune auxiliaire, faune et flore), la limitation des intrants et de la production de CO2 sont pour nous des éléments déterminants dans notre façon de travailler (et, au delà, dans notre vie quotidienne). Tous ces paramètres ne sont malheureusement que très peu pris en compte dans la charte « bio ». Il est possible de déteriorer ses sols avec du cuivre (métal lourd), traiter beaucoup trop et sans raison (démarche non raisonnée), consommer du gasoil à outrance, tasser ses sols, ne pas respecter son écosystème, vendanger à la machine… et respecter la charte (1). Une certification « bio » est certes mieux qu’un abus de produits écologiquement toxiques mais ce n’est certainement pas la panacée car les produits utilisés ne sont pas du tout neutre pour l'environnement voire toxiques.
Pour ce qui nous concerne, nous cherchons d’abord à avoir des sols vivants en laissant l’enherbement s’installer naturellement après vendange jusqu’au printemps (labour pendant la période chaude uniquement et le moins possible), cela favorise la vie des sols, limite le ravinement et réduit la consommation de gasoil. Les engrais chimiques sont bannis et seuls des apports de matière organiques sont réalisés avec des produits naturels d’origine végétale (homologués bio!). Les travaux en vert dans la vigne sont très importants (besoin important en main d’œuvre pour épamprage méticuleux, palissage, effeuillage…) de façon à limiter la production, favoriser la maturation des raisins et l’expression du terroir mais aussi à obtenir un bon état sanitaire. Cette prophylaxie nous permet de limiter au maximum les traitements grâce à une très bonne aération de la végétation et des grappes. Dans une année normale seuls deux traitements sont réalisés (pour lutter contre l’oïdium, aucun anti-mildiou). Il nous semble que rares sont les propriétés qui vont aussi loin dans cette démarche car elle est très coûteuse en main d’œuvre. Notre espoir serait qu’un label soit créé qui intègre de façon objective et scientifique tous les paramètres liés au respect de l’environnement.

Nous nous tenons à votre disposition pour tout complément d’information si vous le souhaitez. Nous vous invitons à venir observer sur place notre démarche car le discours est une chose, la pratique en est une autre.

(1).Un produits  dit "naturel" n'est pas forçément moins toxique qu'un prouite de synthèse. Dans de nombreux cas, le produit de synthèse reproduit une molécule présente dans la nature pour ses capacités contre une maladie. Il peut être plus ciblé et respectueux de la faune auxiliaire, des sols etc… et utilisé à des doses faibles (de l’ordre de g /ha) alors que soufre et cuivre sont appliqués à des doses en kg/ha. Souvent plus efficace et plus ciblé  il permettra moins de passages en tracteur et affectera moins la faune auxiliaire et la vie des sols. Il y bien sûr un tri à faire dans les produits de synthèse mais on ne peut pas dire que parce qu’ils sont de synthèse ils sont plus toxiques. A contrario, il existe dans la nature de nombreux produits toxiques. Le cuivre est un produit toxique et persistant dans les sols (pendant des décennies). Son utilisation prolongée dans le cadre d’une lutte dite « bio » affecte durablementla vie des sols.

 

HAUTE VALEUR ENVIRONNEMENTALE

La « Certification Environnementale des Exploitations » est un dispositif national issu de la loi Grenelle 2 de l’environnement dont les premiers textes officiels sont parus en juin 2011 au Journal Officiel.

Certif HVE compressé

Ce dispositif officiel créé et reconnu par l’État se présente en 3 échelons pour permettre à l’agriculteur et au vigneron d’avancer par étape. La « Haute Valeur Environnementale » est le 3ème et ultime niveau d’engagement ; il représente le niveau d’excellence du dispositif, et lui seul donne accès à la mention réglementée de « Haute Valeur Environnementale ». Il porte sur quatre domaines environnementaux: biodiversité, stratégie phytosanitaire, gestion de la fertilisation, gestion de la ressource en eau.

Niveau 1 : Ce niveau recouvre les obligations réglementaires essentielles en matière de bonnes conditions agro-écologiques, de santé des végétaux et de préservation de l’environnement.
Sur le plan technique, l’exploitation agricole doit :
- Réaliser un bilan, par un organisme habilité SCA (Système de Conseil Agricole), selon un cahier des charges très proche des règles d’éco- conditionnalité des aides PAC (Politique Agricole Commune).
- Réaliser une évaluation de l'exploitation au regard du référentiel de 2ème niveau ou au regard des seuils de performance environnementale de 3ème niveau.

Niveau 2 : Ce niveau recouvre des points de bonnes pratiques pour construire une base de progrès.
Sur le plan technique, ce sont essentiellement des moyens de bonnes pratiques de préservation de l’environnement à mettre en œuvre sur l’exploitation. Pour cela, l’agriculteur et le vigneron doivent :
- Engager une démarche de progrès en travaillant sur 16 engagements d’amélioration environnementale.
- Réaliser un audit, par un organisme indépendant, pour faire valider son niveau.
L’engagement dans ce niveau 2 peut être réalisé dans le cadre d’une démarche reconnue équivalente de niveau 2. Différentes certifications telles que Agriculture raisonnée, Terra Vitis, Qualenvi, Bio etc. donnent une équivalence au niveau 2.

Niveau 3 : C’est le niveau d’excellence du dispositif.
Sur le plan technique, l’agriculteur et le vigneron doivent atteindre des seuils de performance environnementale mesurés par des indicateurs dans plusieurs domaines:

1- La biodiversité: Ce sont les aménagements consacrés par l’agriculteur et le vigneron pour favoriser et protéger la faune auxiliaire, les insectes pollinisateurs, les paysages viticoles, les refuges pour gibier… (on parle d’IAE « Infrastructures Agro-Ecologiques » et de « Particularités Topographiques ». Ces milieux semi-naturels, essentiels à la mise en œuvre d’une politique de développement durable, constituent des habitats, des zones de transition et des milieux de déplacement favorables à la diversité des espèces végétales et animales; par exemple: des bandes enherbées, des haies, des bosquets, des murets, des estives, des zones herbacées mises en défens, etc.

2- La protection des cultures: Même si le recours aux produits phytosanitaires est une nécessité technique, les excès engendrent des impacts négatifs sur l’environnement. On s’intéresse ici aux méthodes alternatives à la lutte chimique, comme la confusion sexuelle ou le travail du sol.

3- L’entretien des cultures: Cette thématique se préoccupe des pratiques d’enherbement, de fertilisation azotée ou d’irrigation s’il y en a sur l’exploitation.

4- Le poids des intrants dans la balance économique: Les intrants (produits phytosanitaires, électricité, carburants, cartons, bouteilles… en valeur économique) sont comparés au chiffre d’affaires de l’exploitation.

Il faire réaliser un audit par un organisme de certification accrédité pour attester de ses performances environnementales.

L’obtention de la certification donne la possibilité de revendiquer la mention réservée et réglementée « d’Exploitation de Haute Valeur environnementale » et de « vin issu d’une exploitation de Haute Valeur Environnementale ».


Pour plus d’informations :

http://agriculture.gouv.fr/Certification-environnementale-des,16358
http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/plaquette-certification-Environnementale.pdf